« Le coach doit prévenir l’incendie, et non éteindre le feu! »

Michel de Kemmeter était l’invité de l’ICF pour sa dernière soirée-débat de l’année 2012. Pour lui, c’est clair : le coach doit être inspiré et inspirant. Il trouvera, alors, une place au coeur de l’entreprise et de son processus de transformation.

 

Le monde change, le métier de coach aussi. Pour Michel de Kemmeter, ingénieur civil et commercial de formation, chef d’entreprise et désormais conférencier et consultant, le coach devrait inspirer le changement, et non plus seulement l’accompagner. Il  pourrait mettre toute son énergie à prévenir l’incendie plutôt qu’à l’éteindre. Bref, avoir un rôle de prévention plutôt que de jouer au pompier.

« L’essor des formations – en développement personnel, en coaching, en thérapie, etc. – montre que l’humain se cherche, et est en quête de sens. Les dirigeants d’entreprise n’échappent pas à la règle : ils s’interrogent de plus en plus sur leur rôle dans la crise, au sein d’une société en profonde mutation. Ils sont de plus en plus nombreux à pressentir que la valeur de leur entreprise ne peut plus se calculer sur la seule base financière. » Pour Michel de Kemmeter, seul un management inspiré et inspirant pourra mener l’entreprise sur la voie du développement et de la croissance. Pour ce faire, il faut que le dirigeant se réconcilie avec l’intelligence émotionnelle, qu’il ait accès à son instinct, à son ressenti : « Il faut activer l’intelligence « holistique » de l’humain en allant voir ce qui se joue vraiment, pour la personne ».

Et qui, mieux que le coach, peut guider les chefs d’entreprise, les managers, les cadres sur la voie de la transformation ? Le coach n’est-il pas, par définition, un chercheur de sens, un témoin de cette évidence que la vie n’est jamais aussi riche que lorsqu’on évolue vers plus de profondeur, plus d’authenticité, plus de sens, plus de cohérence ? « Les coachs ont souvent en commun d’avoir traversé des épreuves, observe de Kemmeter. Des épreuves intimes, affectives ou professionnelles, qui en ont fait des résilients, des personnalités riches et profondes, qui se sont remis en question, ont évolué, se sont reconstruits, pour revenir au monde et partager leur nouvelle richesse intérieure. »

Il faut donc, pour de Kemmeter, accorder une place centrale au coach au sein de l’entreprise, l’engager dans un rôle plus actif. Il pourra de la sorte catalyser les énergies, le changement de conscience, et contribuer à faire grandir la responsabilisation.

La soirée de fin d’année de l’ICF a été, pour l’orateur, l’occasion de présenter son modèle de la nouvelle économie – laResources Systemics, appliqué au coach. Ce modèle est basé sur quelques principes très simples. Un : le coach fonctionne dans un écosystème de parties prenantes. Deux : les parties prenantes ont des ressources qui peuvent intéresser le coach ou d’autres parties prenantes (connaissances et expertises, réseaux, vision, méthodes, …), à condition de répondre à leurs besoins ou défis. Les nouvelles interactions permettent au coach d’être au centre de nouvelles façons de créer de la valeur. En matière de prévention, de vision d’avenir, de réseaux de connaissances et de compétences, de référencements, d’ateliers-découverte, etc.

« Construisons ensemble nos nouvelles vies, et ce nouveau monde qui émerge », conclut Michel de Kemmeter. Ne serait-ce pas là une belle résolution pour l’année 2013 ?

Isabelle Philippon

 

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