L’économie systémique – solution à la crise ?

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Nous avons l’impression d’être acculé, dans un monde d’austérité, de manque. C’est comme si nous étions des arbres arrivés à maturité, qui flippaient parce qu’ils ne peuvent plus grandir, alors que la vie et l’abondance de la forêt nous entoure. Mais alors que cet arbre était obsédé par sa croissance et accumulation personnelle, comment faire pour s’ouvrir à cette abondance, qui nous a, en réalité, jamais quitté ? Et, en plus, en activant une loi magnifique, celle du « moindre effort ». Pour être capable d’ouvrir les dimensions qui permettront cela, voici la proposition. Elle est valable – comme un fractal copié-collable – pour la personne, pour l’équipe, pour la famille, pour l’entreprise, pour la région, pour le peuple, pour l’état.

Les principes de base sont : (1) recalibrer sa mission, sa raison d’être, afin qu’elle serve le bien commun, et qu’elle puisse contribuer à rencontrer un ou plusieurs défis du moment. Cela mobilisera les acteurs et les ressources nécessaires. (2) Se connecter à ses parties prenantes, à son écosystème d’acteurs qui gravitent autour de vous, les plus inattendus les premiers… afin de répondre à leurs besoins. Car de cette façon, vous activerez leurs ressources et excellences au service de votre quête commune. (3) Détectez et quantifiez vos valeurs matérielles et immatérielles, et celles de vos parties prenantes, à 7 niveaux (terre, financier, processus, émotionnel, communication, connaissance, bien commun). Et définissez vos objectifs de création de valeur pour vous et pour vos partenaires stratégiques de façon claire.

Mais d’abord, sortir de cette « hypocrisie organisée » des apparences, du faux, du leurre de la dépendance. C’est le plus difficile pour la majorité d’entre nous : tant que la vie ne nous bouscule pas pour sortir de notre pré carré tondu à ras, pour entrer dans la forêt vierge d’abondance, nous préférons rester dans cette stupidité fonctionnelle qui nous asservit à un système déjà à moitié mort. C’est, en quelque sorte, comme un deuil à faire d’un monde nous promettant – comme une maman – se s’occuper de nous quoi qu’il arrive. Il est temps de devenir adultes. Cette puberté ne se fait pas sans accrocs, mais en étapes.

En voici quelques-unes. (a) Prendre la décision inconditionnelle de « faire partie de la solution », car ce chemin est jalonné d’embûches; (b) Définir quelles sont nos excellences (personnelles et collectives) que nous voulons amener au monde, dans l’exercice de nos métiers présents et futurs – le tout en mettant tous les événements de notre vie en perspective ; (c) Comprendre dans quelle « fonction vitale de la société » votre excellence peut être une forte plus-value, plus efficace que les acteurs en place ; (d) Entrer dans une dynamique d’apprentissage permanent, tant au niveau personnel qu’au niveau de votre veille sectorielle, tout en ne réinventant pas la roue ; (e) Lisez entre les lignes de l’actualité, des conversations, des enjeux historiques et sectoriels ; (f) et surtout, alliez-vous avec des partenaires stratégiques importants et inattendus pour créer de la valeur. Créez des communautés d’excellence et d’action.

Mais le plus important à comprendre, c’est qu’une crise, la mort de quelque-chose, est en réalité le début de quelque-chose de nettement mieux, la naissance du tout nouveau : le Phoenix. Qu’un « passif », une chose en apparente négative, est en réalité la précieuse antimatière de la création de valeur totalement nouvelle. En clair : plus il y a des casseroles, de défis et problèmes, plus il y a de l’énergie pour créer du neuf.

Et tout-à-coup, la peur du changement peut laisser place à la passion créatrice, moteur de renouveau… afin de pouvoir exister dans le meilleur de nous-mêmes, de nos équipes et de nos cultures.

Michel de Kemmeter, économiste systémique

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