New Economy n°5: le changement sociétal fonctionne comme le système hormonal de la chenille se métamorphosant en papillon

Le changement sociétal du type que nous vivons actuellement ne s’est pas décrété « top-down » par nos dirigeants. C’est comme une réelle métamorphose qui fait émerger un nouveau monde, venant de la base, des gens – poussés par une aspiration profonde d’épanouissement et de bonheur, et poussé dans le dos par une vague de peur et de manque. Très intéressant est d’observer le processus parcouru. Nos dirigeants sont désarçonnés face à un échec de l’état providence et de l’économie de la dette. Le monde occidental est tellement endetté au niveau du citoyen, des entreprises et des autorités communales, régionales et nationales, qu’il y a un bug dans le modèle : le principe d’une dette est qu’un jour elle soit remboursée. La récession générale dans laquelle l’occident plonge pour plusieurs décennies rend ce modèle de croissance totalement inutilisable et nous projette vers une faillite généralisée. Donc nos dirigeants politiques et d’entreprises sont de plus en plus inquiets et ne voient pas de solution basé sur ce modèle ancien. Voilà la vue d’en haut. La vue d’en bas, du terrain, est un ras-le-bol de citoyens qui sont centrifugés par ce système, et une aspiration profonde vers plus de cohérence, de bonheur, d’alignement des talents et rêves avec les occupations professionnelles. Une prise de conscience individuelle et collective sèvre un par un les citoyens de ce système humanovore, expulsant les burnouts, retraités et chômeurs comme des déchets, pourrissant en marge d’une société devenue machine broyeuse. Ces personnes ayant « vu leur lumière » J se cherchent une nouvelle place, plus juste, où ils peuvent s’épanouir et contribuer avec leurs talents à la prospérité et l’équilibre humain et sociétal. Ils se rencontrent, créent des communautés, s’allient autour de quêtes communes. Jusqu’au 20ième siècle, ces gens étaient emprisonnés ou brûlés. Se créent donc des « clusters et tribus », se mobilisant autour de sujets sociétaux, de création de nouvelle valeur ajoutée humaine, répondant aux besoins du moment.

Nous en sommes là.

Demain, ces communautés, clusters et tribus se regrouperont et se mobiliseront, internet aidant, pour solutionner les défis urgents autour des « fonctions vitales de la société » : santé, mobilité, éducation/formation, communication, habitat/construction, diversité/arts et cultures, etc.

C’est exactement ce que se passe au niveau hormonal. Les « imaginal cells » (cellules papillon émergeant dans le corps de la chenille) étaient éliminées, puis tolérées, ensuite elles se clusterisent, et finalement une aile, une patte, un corps émergent de « nulle part ». L’amusant est qu’un à certain moment (dans le cocon), les autres cellules chenille, entourant les clusters, « pètent un cable » une fois que le système immunitaire (la police et l’armée J) ne savent plus suivre l’émergence des tribus, et deviennent des cellules souches qui vont suivre la nouvelle structure émergente…. Observez ce qui va se passer entre maintenant et quelques années.

 

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En résumé :

1)    Quelques cellules « imaginelles » émergent (cellules papillon), et sont éliminées par le système immunitaire : quelques personnes montent en niveau de conscience, amènent quelque-chose de nouveau, ils sont assassinés (Kennedy, Martin Luther King, John Lennon, la chasse aux « sorcières », etc.) ;

2)    Des cellules imaginelles supplémentaires émergent en masse, et le système immunitaire n’arrive plus à suivre, donc les isolent, les tolèrent : de plus en plus de gens s’éveillent, s’expriment – ils sont mis en prison et/ou ignorés (thérapeutes alternatifs, les indignés, …) ;

3)    Les cellules imaginelles se clustérisent, se regroupent et créent des structures qui commencent à ressembler à une aile, une patte, une tête… : les gens se regroupent autour de missions communes, de tribus de connaissance, de service (communautés, sectes spirituelles, entreprises sociales,…) ;

4)    Mise au cocon – les autres cellules « pêtent un câble » et redeviennent cellules souches, de base, pour ensuite suivre le mouvement d’émergence, et s’allient aux clusters : les gens font dépressions, burnout, stress, perdent le nord, et s’allient aux communautés émergentes qui offrent un sens à leur vie (Villes en Transition, équipes auto-organisées, intelligence collective citoyenne);

5)    Et tout-à-coup, le papillon est là, et sort du cocon : oups – le nouveau monde est là, et les pouvoirs changent de main naturellement, les communautés se sont organisées autour des « fonctions vitales » de la société » au service du progrès et de la prospérité de tous. Rien n’arrêtera ce mouvement d’une énergie absolument colossale (ex. Icelande). Nous sommes à midi moins cinq…

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