New Economy n°8: La valeur se trouve à 7 niveaux différents, non pas à un seul

Nous sommes en cette fin – non pas du monde – mais d’un monde, basé sur une seule chose, l’accumulation de biens matériels et financiers, face à une question de fond: “finalement qu’est-ce qui a réellement de la valeur pour moi, pour ma famille, pour mon entreprise, pour ma région, pour la société ?”

D’un côté, nous n’avons jamais eu autant de richesse capitalisée, de l’autre, encore jamais eu autant de peur et d’égoïsme. J’ai connu de nombreuses personnes très fortunées me confier que les choses les plus importantes pour eux n’étaient pas financières, mais plutôt: l’amour, la joie, la passion, le rencontre, le partage, la nature, la croissance personnelle, la sagesse, la culture, la musique, les enfants, la découverte du monde, etc – à se demander si nous ne dvons pas élargir notre grille de mesure de la valeur à d’autres étages.

C’est ce que j’ai fait: 7 étages. Non pas sous forme de chiffre “positif”, mais – avec une rigueur de comptable, sous forme de “bilan”, avec les + et les -. Car oui, la passif existe aussi à d’autres niveaux. Alors allons jusqu’au bout de l’exercice ! (je rigole déjà parce que je vais faire flipper les comptables :-)

1. La valeur “terre”: mon impact négatif, ce que je tire ou détruit dans la nature (-), et ce que je lui rend, compensations (+)

2. Mon portefeuille, patrimoine financier et matériel: mes dettes et redevables (-), et mes actifs, immobilier, titres, obligations, or,… (+)

3. Les méthodes, processus, techniques, que je maîtrise de façon efficace (+), ou mes fonctionnements inefficaces (-)

4. Mon émotionnel: mes joies, passions, confiance, motivations (+), et colères, rancoeurs, tristesses, déprime (-)

5. Ma communication constructive, efficace et équilibrée (+), ou inexistante, mauvaise, inefficace (+)

6. Mes connaissances, compétences, talents (+), et tout ce que je ne sais pas (-)

7. Mon service au “Bien Commun”, ma contribution à la société (+), ou combien je détruis autour de moi (-)

Tout cela est valable pour vous en tant qu’individu, votre famille, vos équipes, votre entreprise, votre ville, votre région, votre pays, votre peuple,… C’est exactement le même principe copié-collé. Nous avons un algorithme qui calcule tout cela pour l’entreprise :-) c’est très marrant – ça fait flipper les dirigeants qui adorent tellement les chiffres. Ce que je m’empresse de leur dire c’est qu’un passif, en souvenir de leurs cours d’analyse financière, est un POTENTIEL, et non une mauvaise chose. C’est de l’antimatière. Quand vous vous promenez dans une usine vous ne voyez aussi que la matière, et non l’antimatière cachée dans des comptes – c’est comme le physiciens qui la cherchent partout sans la trouver. Pour la trouver il va falloir qu’ils changent de lunettes et de regard :-). Le passif, une fois détecté, qualifié et quantifié, devient un potentiel de création de valeur (comme l’antimatière d’ailleurs) ! Comme les banques font, nous aussi on peut augmenter notre passif et créer de la valeur de façon illimitée :-). Exemple: j’ai envie de connaitre un sujet. Je n’en sais rien (passif connaissance). Je mets le doigts dessus, tout à coup un poste apparaît sur mon bilan connaissance en négatif. Pouf ! J’apprends et je crée de la nouvelle valeur connaissance – je suis encore plus riche. C’est magique !

Cela vaut pour tous les étages. La beauté du truc est qu’il ne faut pas 1.05€ pour rembourser le passif comme à une banque, mais qu’au contraire, le ROI d’un investissement sur les autres étages est absolument colossal, de 1:5 à 1:1.000.000 !!!

Donc, un prérequis pour créer de la valeur est: mesurer ce qu’on a déjà ou pas encore, et d’entrer dans une dynamique d’investissement en immatériel avec son entourage.

Et plus joli encore, chaque chose que vous ferez doit créer de la valeur immatérielle dans votre écosystème… et en répondant à leur quêtes/demandes/besoins, vous récupérerez une partie de leurs ressources.

7 levels pic

CQFD – voilà la solution pour demain, pour nos enfants (mais ils comprennent déjà tout ça, alors écoutons-les un peu de temps en temps) !

Pour l’entreprise:

Chaque dirigeant sait que la vraie valeur de son entreprise se trouve dans ses équipes, et leur capacité à transformer leurs connaissances en produit/service qui répond aux besoins des clients. Mais les valeurs immatérielles ne sont mesurées que de façon fragmentée (marque, brevets,..). Les normes IFRS nous ont amenés sur ce terrain, avec les difficultés que nous connaissons : l’immatériel peut augmenter ou disparaitre du jour au lendemain. Nous sommes invités à une nouvelle rigueur : celle d’y inclure le passif immatériel, et mettre les valeurs « dans les bonnes cases ». C’est ce que propose la 7D-Value, créé par un l’équipe UHDR UniverseCity en collaboration avec Ernst&Young : 7 niveaux de valeur (actif), de potentiel (passif), sous forme de bilans, exprimé en €. Le passif représentant précisément le potentiel de développement et de croissance. En décodé, avoir le courage et le discernement de mettre le doigt sur des passifs immatériels, utiliser intelligemment ses forces uniques, ouvre la porte à une nouvelle « puissance » pour la PME. Le passif est en réalité l’anti-matière des ressources.

Les évolutions sur le marché provoquent une demande nouvelle du client : adresser la valeur et le potentiel de leur entreprise. C’est une discussion plus mature et lucide sur la réelle valeur et le réel potentiel des entreprises, et même des autorités communales, régionales et nationales – visualisant ainsi les indicateurs de prospérité et de bonheur citoyen. C’est une innovation historique dans le secteur de la comptabilité et du révisorat. La possibilité de publier devient possible – dans un volet supplémentaire des rapports annuels – de ces postes de la valeur intangible de l’entreprise. C’est délicat, mais c’est une façon puissante de mobiliser les parties prenantes autour du projet commun de création de valeur.
Nous proposons donc une nouvelle rigueur. Qualifier les actifs et passifs à 7 niveaux. Créer 7 bilans qui permettront ensuite de créer de la nouvelle valeur.

(1) Le bilan « Terre »
D’un côté, détecter et calculer ce que l’entreprise « prend » à la terre. Ressources, impact CO², eau, air, pollution, etc. De l’autre : ce qu’elle « rend » à la terre : aménagement de biotopes, compensation CO², purification et assainissement d’eau, terre et air. Nous travaillons déjà bien sur la diminution de l’impact et sur le recyclage, mais peu d’attention est encore donnée à l’autre côté du bilan, la compensation, sous toutes ses formes.

(2) Le bilan « Matériel »
C’est le bilan publié traditionnel. Avec une prudence supplémentaire de ne pas activer trop d’immatériel sujet à spéculations ou changements abruptes, voire de « disparition » par des changements sur les marchés et dans les industries respectives.

(3) Le bilan « Processus »
Détecter et quantifier la durabilité, l’efficacité des processus de production, la gestion des déchets, l’inclusion des ressources dans l’écosystème de parties prenantes de l’entreprise. L’inefficacité ou la non-durabilité chiffrée se retrouvant sur le passif, et l’aspect cyclique et valorisation de ressources cachées se retrouvant sur l’actif du bilan des processus.

(4) Le bilan « Emotionnel »
La confiance (ou non), si importante, doit être chiffrée et améliorée en comprenant les actions à mener en amont. Car la confiance est le résultat de plusieurs dimensions du management. La structure de l’algorithme permet de les détecter de façon pragmatique. La motivation (ou démotivation) des équipes est chiffrée également. Elle peut aussi être croisée avec d’autres méthodes de calcul comme l’actualisation de l’inefficacité répercutée sur un pourcentage de la masse salariale.

(5) Le bilan « Communication »
Tant interne qu’externe, la qualité de la communication conditionne les résultats. Cela impliquera une réflexion en amont sur quoi communiquer, à qui, et de quelle façon. Le monde de la communication a fondamentalement changé et est plus assez en lien avec la psychologie humaine. L’engagement et la fidélisation est une conséquence de cette nouvelle intelligence. Cela commence par la communication non violente en interne, jusqu’à la communication web.

(6) Le bilan « Connaissance »
Nous sommes entrés depuis les années ’60 dans une économie de plus en plus basée sur la connaissance. Il est temps maintenant d’apprendre à l’évaluer, la chiffrer en €, ainsi que l’ampleur de la non-connaissance. Car si un concurrent en développe, la valeur de son entreprise aura une longueur d’avance sur la vôtre. Mettre le doigt dessus, comprendre la potentialité de plus-value, présente une sorte d’anti-matière qui aspire à la création de valeur connaissance en interne. D’autre part, nous pouvons être fiers de certains postes « connaissance », mais de nouveaux entrants peuvent la réduire à néant.

(7) Le bilan « Bien Commun »
Le sens est le mobilisateur le plus puissant de l’humain. Tout le monde cherche un sens dans sa vie – les PME aussi cherchent à entrer encore mieux dans leur raison d’être, leur mission-vision. La notion de la RSE a été trop souvent une façon de laver sa conscience des dégâts collatéraux provoqués par l’activité. Maintenant, les plus grands succès de notre époque incluent le sens et la création de valeur dans leur écosystème, en plein cœur de leur business-modèle. Ayons ce réflexe de mesurer l’impact positif et négatif de nos actions. Une responsabilisation qui a comme effet secondaire une mobilisation des équipes et parties prenantes qui peut se chiffrer en multiples de l’investissement. Aussi, cette notion de service peut être la graine du modèle d’affaire des PME demain. J’ose dire que les PME qui ne s’inscrivent pas dans une dynamique de création de valeur partagée sont vouées à disparaître. Car leurs concurrents qui le feront sortiront du lot deviendront nettement plus attractives pour les top-talents ainsi que pour les clients et parties prenantes contributives.

La beauté du modèle nous permet même de faire cet exercice pour une ville, une région ou un pays. Nous y retrouvons tous les indicateurs alternatifs de bonheur et de prospérité dont le Bouthan a été le précurseur.

 

 

Michel de Kemmeter

UHDR UniverseCity

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