Entreprises: créer ou recycler ?

Vers une société Kleenex, ou recyclage d’entreprises ?

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Parlons un peu du complexe du jeune ingénieur fraîchement diplômé. ‘Moi, je vais créer ma propre boîte’. On l’a souvent entendue cette phrase, et à chaque fois, on s’extasie. Non. Je ne suis pas d’accord. L’innovation, j’aime. La nouveauté, j’approuve. Mais le neuf pour le neuf, non. Ca, c’est le syndrome de notre génération. On ne prend plus le temps de réparer, on rachète du neuf. La société de consommation, c’est ça. L’obsolescence programmée dont on se plaint haut et fort, c’est nous qui l’avons créée. Et on fait pareil pour le monde du travail. On crée de nouvelles sociétés pour tenter de relancer l’économie, pour trouver LE nouveau système. On critique les entreprises existantes et on clame vouloir faire mieux en créant des alternatives. Parfois, c’est nécessaire. Mais souvent ce n’est pas le cas. Combien de startups se s’écroulent-elles pas, porteuses pourtant de tant de promesses ? Combien ne luttent pas quotidiennement pour survivre au lieu de grandir comme le prévoyait leur business plan? Et combien existent encore après seulement 3 ans ? Avec combien d’ETP à la sortie ? Pendant la période d’incubation de nouvelles startups, des dizaines d’entre elles disparaissent, cherchent repreneurs, crient pour des innovations et cherchent de nouveaux business-modèles.

Que se passe-t-il ? Où est le problème ?
Pour simplifier les choses, disons ceci ;

D’un côté, nous avons les dirigeants ‘anciens’, de la génération X ou Y, ou baby boomers, pétrifiés de peur face à un monde en train de changer. Pour la plupart, ils sont incapables de se remettre en question. Prisonniers du modèle classique, ils sont terrifiés à l’idée de sortir des sentiers battus ! Incapables de communiquer, de s’asseoir avec et de partager avec leurs parties prenantes, incapables d’amener des nouvelles façons de créer de la valeur de mesurer et de créer consciemment de la valeur à plusieurs étages. ‘On a toujours fait comme ça, alors on va continuer à faire comme ça’…  jusque mort s’ensuive…

De l’autre côté, nous avons les jeunes. Ils se pensent différents, mais ils ne le sont pas toujours. Ils préfèrent des métiers “sympa”, les startups où ils seront ‘leur propre patron’, où ils créeront la n-ième application qui ou ne verra jamais le jour, ou sera obsolète avant même d’arriver en version alpha. Le fantasme de l’inventeur du prochain Facebook… Cela provoque des immenses gaspillages de talents. Ils sont dans le même modèle classique, sans même en avoir conscience ; ‘créer, grandir, gagner, accumuler’.

Vous voyez ce que je vois ? Des deux côtés, dirigeants ‘anciens’ comme jeunes entrepreneurs, ça ne pense qu’à court terme. Ils sont sur deux voies parallèles, fonçant tous les deux aussi vite l’un que l’autre vers l’inévitable mur de l’échec. Mais si seulement ils pouvaient se rejoindre…

Car la solution n’est pas dans le neuf et brillant, et elle n’est pas non plus dans l’ancien classique et poussiéreux. Mais peut-être est-elle simplement à leur intersection?

Regardons ce que l’on a déjà, avant de se ruer vers les étalages. Tant de jeunes brillants se ruinent à tenter de développer seuls des systèmes extraordinaires qui seraient si facilement applicables dans des entreprises existantes. Osons réparer l’ancien ! Osons rencontrer les patrons et les dirigeants avec vos projets innovants, osons tenter la collaboration. Oui, c’est vrai, ce sera long, laborieux, fastidieux, des egos seront froissés et des remises en question seront forcées. Mais le résultat en vaudra certainement la peine.
Dirigeants anciens, votre société vieillissante sera dépoussiérée et modernisée. Un vent frais soufflera sur vos business-modèles anciens et obsolètes.
Jeunes entrepreneurs, vos idées seront écoutées et mises en œuvre. Vous découvrirez un emploi plein de sens et d’avenir, à la hauteur de votre potentiel.

La collaboration entre générations est un puits de richesse inespéré et pourtant si peu utilisé encore. On a tant à apprendre l’un de l’autre.


Que faire en pratique ?

1. Reconnectons-nous entre générations. Anciens, écoutez les jeunes, ils sont l’avenir. Jeunes, écoutez les anciens, ils ont l’expérience. Ensemble, vous êtes invincibles.

2. Ne créons pas juste pour créer. C’est inutile et voué à disparaître une fois l’effet de mode passé. Regardons plutôt de quoi est faite la société et ce dont elle a réellement besoin. C’est là que se trouvent les meilleures idées.

3. Dirigeants, PME, sociétés, ASBL, startups, ONGs… Rencontrez-vous ! Discutons, communiquons, apprenons l’un de l’autre. Ce qu’il faut, c’est une innovation systémique régionale transversale, intergénérationnelle, inter-industries. L’union fait la force…
4. Facilitons ces rencontres. Créons et mettons en place des processus méthodologiques et des véhicules juridiques pour implémenter des gestions de projets d’innovation systémiques en reliant les PME entre elles et avec la communauté d’extrapreneurs.

 

Propositions de services – demandes d’entreprises @ michel@uhdr.net

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Charlotte Deleval

Michel de Kemmeter

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